ablain-st-nazaire.com

Blason

Le blason de la commune a été élaboré et réalisé par M. Jean-Max Haccart, architecte à Ablain-Saint-Nazaire.

La couronne murale à 3 tours d'or, ouvertes et maçonnées de sable noir qui surmonte l'écu, évoque le passé historique de la commune. Vers 1100, deux seigneurs d'Ablain, Sicherus et Walcheruf, participèrent aux premières croisades en direction de la Palestine. Un château féodal était situé en bordure de rivière (actuelle rue du château). Il fut détruit lors de la guerre 14-18. Il ne reste plus de cet édifice que le pont difficilement visible, sur la rivière.

Le flanc senestre de l'écu rappelle les âpres combats de la première guerre mondiale et la destruction complète de la commune. Un cimetière national a été installé sur la colline de Lorette, enjeu stratégique qui dominait la plaine de Lens. Des dizaines de milliers de croix indiquent les tombes de soldats de toute nationalité. Une basilique permet de célébrer des messes en leur mémoire. Une tour-lanterne éclaire loin le souvenir de ces sacrifices.

Le flanc dextre de l'écu rappelle les sept vallées qui descendent vers le village : de l'Église, Jacquemart, de la Cense, Chauffour, du Bois l'Abbé, du Mont Cyrpayen, de l'Hayure. La rivière Saint Nazaire traverse le village dans toute sa longueur.

Une branche de chêne et une branche de hêtre s'entrecroisent sous l'écu, rappelant les essences principales des arbres des nombreux bois du village. Elles soutiennent la Croix de Guerre décernée avec citation à l'Ordre de la Nation en juillet 1919 par Georges Clemenceau, Président du Conseil.

Nom de la commune

Selon le cartulaire St Vaast, le nom d'Ablain-Saint-Nazaire viendrait d'APLINIUS, notable romain.

Eudes 1er, premier Robertien aurait donné à l'Abbaye St Vaast d'Arras la terre d'Aplinius, tirée du Domaine Royal. Ce don aurait été fait le 25 juin 890, 3ème année de son règne.

Cette terre aurait été celle d'une ancienne villa gallo-romaine gagnée par les Francs (d'où la présence d'une nécropole mérovingienne).

Cette terre aurait appartenu aux Comtes de France (Capétiens) ou Francie à l'origine du pays et de la plus longue dynastie régnante sur le trône Francorum.

La Grande Guerre

La contribution sous toutes les formes que fournit Ablain-Saint-Nazaire au cours de la Guerre 14-18 fut terrible: 52 de ses enfants donnèrent leur vie, sans compter une quinzaine de victimes civiles. De plus le village fut entièrement détruit, rien ne subsista, tous les bâtiments furent détruits jusque dans leurs fondations, les champs furent bouleversés et le ruisseau lui-même détourné de son lit habituel en bien des endroits. Il ne resta que des ruines informes de la magnifique église, ruines que le ministère des Beaux-Arts fit consolider au titre de Monument Historique.

L'invasion du village

Le 5 octobre 1914, le jeune Camille Dépret s'est levé de bonne heure. Avec sa mère, il va assister à la messe anniversaire des défunts de sa famille. Bien sur, les bruits de guerre sont inquiétants. La veille, en montant au clocher de l'église qui jouxte sa maison, il a pu voir les explosions au loin, vers Lens. L'abbé Warendeuf a, comme à l'habitude, sonné la cloche et commencé son office. Dans le silence du recueillement, un brutal bruit de crosse retentit sur le sol pavé de l'église. deux bavarois armés manifestent leur présence. Respectueux, ils attendront la fin de la messe pour emmener tout le monde, sous bonne garde. Dans la nuit, les soldats ennemis avaient investi le village et soupçonnaient un moment tout le monde. La cloche aurait-elle été un signal ?

Les soldats français, plus loin, vers Gouy, se sont retranchés dans les collines. Mais le Mont de Lorette avait été pris, ainsi que toute la grande plaine charbonnière de Lens. Une défaite militaire et un lourd handicap économique. Enfermé avec quelques autres dans le poste bavarois, Camille apercevait l'église. Bien dans l'enfilade de la vallée, elle servait de poste d'observation. Les Français voulurent en interdire l'utilisation. Ils bombardèrent copieusement le monument. Le bronze des cloches résonnait lugubrement sous la mitraille des éclats. Les pierres s'amoncelèrent dans le périmètre sacré. Les cloches s'abattirent au milieu d'un clocher troué.

Un village allemand

Le village fut alors sur la ligne de feu. Des combats acharnés s'y disputèrent. Les quelques deux cents Ablainois qui s'y trouvaient encore furent rapidement renvoyés dans un long périple en chemin de fer qui les amena dans les régions du midi en janvier 1915.

Les combats atroces qui se déroulèrent de février à juillet 1915 ont été longuement décrits dans de multiples ouvrages de militaires ou de soldats écrivains. Les dizaines de milliers de morts ont fait de la colline et du village un lieu baigné de sang, de courage et de sacrifice. Le front petit a petit a été repoussé vers l'Est, sans jamais dépasser Givenchy, sans jamais reprendre la plaine minière. Les Allemands qui réquisitionnaient le charbon pour leur compte maintinrent jusqu'à l'armistice, le contrôle de Liévin et Lens. Seuls les soldats hantaient le village, long martyrologe souvent inutile. Les Canadiens succédèrent aux Bavarois dans les ruines. On ne reconnaissait même plus l'emplacement des rues.

Après la guerre

A l'armistice, les habitants revinrent dans leur village. Des demi-lunes de tôle ondulées leur permirent d'habiter les emplacements des maisons. Nombre d'Ablainois furent payés pour rendre les champs labourés par les obus aux charrues. Il y eut des morts, victimes des obus explosant sous le choc d'un outil ou par simple déplacement. Il n'est pas rare, même de nos jours que des obus ne reviennent à la surface du sol.

Les écoles ouvrirent dans ces constructions bizarres. Puis, on reconstruisit. Deux sociétés se partagèrent les chantiers. On voit encore de nos jours, par le tour de main des compagnons lesquelles des fermes furent reconstruites par l'une ou par l'autre de ces sociétés. Les toits de chaume furent remplacés par des tuiles, plus classiques.

La mairie fut reculée au fond de sa place pour dégager un espace convivial, plus central. Les Monuments Historiques, en charge de la Vieille-Église refusèrent de reconstruire le monument tel qu'il était avant la guerre. Les ruines furent simplement consolidées. On acheta un terrain disponible face à la nouvelle mairie et on y construisit une nouvelle église. Celle-ci ne fut achevée qu'en 1932. On espéra un temps la faire à nouveau prendre en charge par les Monuments Historiques, mais ceux-ci refusèrent prudemment.

Depuis, le village vit sa vie comme tous ceux de la France. Longtemps les familles des "poilus" virent se recueillir à Lorette en foules impressionnantes. Mais avec le temps, ces pèlerins particuliers disparurent et le village retrouva sa quiétude et ses disputes de clocher, comme tous les autres.