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Village

Ablain-Saint-Nazaire est un village attachant par bien des côtés. En limite du bassin minier de Lens-Liévin, il conserve un caractère fondamentalement rural contrastant avec celui des corons proches.

Occupant la vallée du Saint-Nazaire, une rivière se jetant dans la Deûle, il jouit d'une insularité légendaire qui donne à ses habitants un caractère fier et peu accessible à l'étranger.

Situé à quelques kilomètres de la plaine de la Gohelle, c'est un pays de collines relativement élevées. Cette particularité lui valut lors de la Révolution française le nom d'Ablain-les-Montagnes.

La vallée des houblons

Avant la Grande Guerre, il y avait dans la vallée du Saint-Nazaire un autre village du même nom qui fut totalement anéanti par les combats. Les maisons étaient recouvertes de paille et des sentiers tortueux séparaient les champs de houblon. Le fond de la vallée permettait cette culture qui a apportait la richesse au village, encore que le commerce se fit moins florissant depuis la Révolution et le développement de la même plante dans les riches plaines de Flandres.

C'est sur le modèle des lourdes fleurs du houblon que le ciseau du sculpteur avait ornementé la voussure du portail de la Vieille-Église, actuellement en ruines, à l'Est du village. Les champs de houblon ont disparu totalement depuis la Guerre 14-18, les caractéristiques toits de chaume, les longues perches enguirlandées de feuilles, l'odeur douce-amère de la plante ne restent que dans les souvenirs. Le charme indéfinissable de ce village si typique de l'Artois intérieur subsiste pourtant par delà les années.

La rivière Saint-Nazaire

La rivière avait, quelques décennies auparavant, un cours d'eau plus abondant qu'actuellement. On pensa un moment, au Moyen Age y implanter un moulin à blé, mais ce projet ne fut jamais réalisé. Au début du siècle, le débit était encore suffisant pour alimenter une sucrerie utilisant la culture locale de la betterave. Les communiqués de la Guerre 14-18 parlent à de nombreuses reprises de cette usine sous le nom impropre de "distillerie". Au cours des années sèches, la rivière peut se tarir presque complètement.

La rivière est un milieu vivant. Les nombreux méandres de son cours constituent des refuges pour la faune et la flore aquatique. Les petits invertébrés sont nombreux. Ils se nourrissent de débris organiques et de végétaux fixés au fond de l'eau. Les arbres qui poussent le long des rives permettent la fixation des berges et empêchent l'envasement du lit. Le rat musqué et le campagnol aquatique se laissent surprendre par l'observateur attentif.

Le bois

Le Bois de Mont a été façonné par l'Homme. Le chêne pédonculé, le frêne, l'érable et le hêtre y dominent apportés par la gestion forestière. L'humus couvre le sol en entretenant une humidité quasi permanente et la fertilité.

Les propriétaires des parcelles à usage de chasse procèdent parfois à la plantation de résineux dont les essences sont mal adaptées à la région et entraînent des modifications durables de la nature du sol. Il est possible de rencontrer lors d'une promenade au travers bois la salamandre noire et jaune, et la grenouille rousse qui pratiquent l'art de la dissimulation. Si le sanglier a disparu, le chevreuil passe d'un bois à l'autre et se signale par ses traces. La pie, le geai, la buse variable et la grive sont les oiseaux de cette forêt.

Au delà du bois, vers Gouy-Servins, le promeneur dépasse les fermes du Bois de Mont, hameau reculé du village qui eut la chance de ne pas être détruit en 1915 alors que tout le reste du village le fut. A l'orée de la forêt, une humble chapelle rappelle la mémoire de Mme Tuné, guérisseuse du siècle dernier que l'on venait, non sans crainte, consulter de fort loin.

L'histoire de France et la Guerre 14-18 ont bouleversé totalement ce paisible site d'Artois.